La centrale solaire redonne vie à l’ancien dépôt sauvage de pneumatiques

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La centrale solaire conçue par les Montpelliérains d’Urbasolar fait définitivement oublier la gigantesque montagne de pneus qui a longtemps défiguré le lieu-dit Penchou, à Campsas. Zoom sur une reconversion exemplaire.

Le soleil brillait, le 6 juin, à Campsas. Cette commune de près de 1 500 habitants pouvait ainsi rayonner. Marie-Claude Nègre, maire, a inauguré une centrale solaire qui redonne vie à l’ancien dépôt sauvage de pneumatiques, ayant très longtemps défiguré le lieu-dit de Penchou, à Campsas. Pour mémoire, le cauchemar a débuté en 1996 quand la société Acorta a installé un dépôt de récupération de pneus usagés. Le drame est survenu en 2002 avec le dépôt de bilan de cette société devenue «fantôme» et la fuite en avant… Une gigantesque montagne de 8 650 tonnes de pneus a gâché et pollué alors le paysage, jusqu’en juillet 2007. Après avoir récupéré la friche de cinq hectares, la commune a lancé un appel à candidature pour la réalisation d’un parc solaire.

Aux petits soins des orchidées

Aujourd’hui, le projet vient d’aboutir. L’ancienne verrue est reconvertie en centrale solaire de 8 700 panneaux photovoltaïques, d’une puissance totale de 3, 9 MWc, pouvant injecter dans le réseau l’équivalent de la consommation électrique de 1 057 foyers. Mené par l’opérateur montpelliérain Urbasolar, le parc a représenté un investissement de 4, 5 millions d’€, entièrement supportés par ce dernier. Originalité du montage financier : des investisseurs lambda peuvent toujours acquérir des parts de cette centrale et participer à la transition énergétique de leur territoire.
Mais cette ferme solaire de Campsas brille surtout par sa dimension environnementale. «Le calendrier du chantier a été adapté à la phénologie de la faune et de la flore, le linéaire de haies et de merlons périphériques ont été conservés afin d’assurer la fonction d’habitats et de corridors écologiques nécessaires sur le site pour le Sérapias en cœur, une espèce végétale d’orchidée protégée à l’échelle régionale, afin de préserver cette espèce florale», explique Julien Picart, responsable développement de Urbasolar. Les amphibiens et les reptiles n’ont pas été en reste, avec l’aménagement de gîtes, de sites de pontes, de mares, de fossés…
«Ce projet allie parfaitement développement durable et développement économique», se félicite Marie-Claude Nègre, qui est aussi la présidente de la communauté de communes de Grand Sud Tarn-et-Garonne.

Tout un territoire qui verra un parc solaire géant sortir, bientôt, de terre. Une centrale de 18 MWc doit être construite à partir de la fin de l’année, sur 25 hectares situés à l’ancienne briqueterie de Bessens. Elle complétera un parc déjà existant de 6 MWc. Mise en service à l’été 2020, la future centrale de Bessens, d’une puissance totale de 24 MWc, sera alors la plus importante de Tarn-et-Garonne.

 

Source : La Dépêche.fr